De la Découverte de la Matière à la Pierre Philosophale.

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Or et Science ont depuis toujours avancé main dans la main. Si la découverte de la matière, avancée sans précédent dans l’Histoire de la Science, a été rendue possible grâce à l’or, cette dernière n’a eu de cesse de vouloir synthétiser le précieux métal depuis l’Antiquité.

Or

Or donc, à cette époque lointaine, un philosophe grec eut le premier l’intuition que les changements observables dans la nature n’étaient pas la conséquence de  “transformation” de la matière, mais d’une réorganisation des éléments constitutifs qui la composaient. S’opposant à ses prédécesseurs, Démocrite supposa qu’Eau, Terre, Air et Feu n’étaient pas fondamentalement différents par essence, mais chacun constitués de divers minuscules éléments de construction, ces derniers étant indivisibles, immuables et éternels.

Initiateur de la théorie de l’atome (du grec ancien ἄτομος “indivisible”) – grains de matière qui telles des pièces de Lego peuvent s’assembler d’une infinité de manières, et ainsi bâtir le monde – Démocrite différenciait donc la nature en deux principes : ce qui est plein (les atomes) et ce qui est vide (le néant). “Rien ne vient du néant, et rien, après avoir été détruit, n’y retourne.”

Démocrite méditant sur le siège de l'âme. Delhomme. Credits : Marie-Lan Nguyen
Démocrite méditant sur le siège de l’âme. Delhomme.
Credits : Marie-Lan Nguyen

Cependant, il faudra attendre plus de deux millénaires pour que Rutherford approfondisse le modèle de l’atome avancé par Démocrite, et contredise ce dernier postulat en mettant en évidence la structure lacunaire de la matière : démontrant que les atomes d’or sont eux-mêmes essentiellement constitués de vide.

Ce physicien britannique, père de la physique nucléaire, tira profit de la particularité des atomes d’or d’avoir un noyau dense et massif. Bombardant une très fine feuille d’or à l’aide de particules α (noyaux d’Hélium), il observa que seule une infime partie d’entre elles était déviée, la plupart traversant la feuille d’or tel un voile immatériel. Rutherford conclut de son expérience l’existence du noyau des atomes, concentrant la matière tel un îlot massique perdu dans un océan d’électrons et de vide, de dimension 100 000 fois supérieure, le tout constituant l’atome.

atomes

Modèle de l’atome « vide » de Rutherford

Si l’or permit l’avancée de la Science, ce n’est que juste retour devant les efforts entrepris par cette dernière dans le but de démultiplier l’inestimable bien terrestre. Revenons à l’Antiquité, depuis laquelle nombre d’alchimistes ont tenté de réaliser le Grand Œuvre de leur discipline : concevoir la pierre philosophale, permettant tel le roi Midas de changer tout métal en or.

Si l’alchimie perdurera jusqu’au 19ème siècle, où le Français Théodore Tiffereau parvient à fabriquer de l’or en 1847, le procédé reste hélas trop coûteux pour que l’alchimiste moderne en tire profit économiquement. En effet, issu de la nucléosynthèse stellaire, l’or tire son origine de la pression écrasante s’exerçant lors de l’explosion d’une supernova, menant à la mort d’une étoile. Ces conditions restent hors de portée d’un laboratoire actuel, mais le procédé de transmutation des métaux, bien qu’encore trop coûteux, permet bel et bien de changer l’argent en un or particulier que l’on nomme « l’or alchimiste ».

Diamond

Il en est de même pour le diamant, si cher aux amateurs de joaillerie.

Soumis à une pression semblable à celle des entrailles de la terre, le carbone sous sa forme la plus commune peut être remodelé en diamant synthétique : une réaction physico-chimique permettant alors de réorganiser les pièces de Lego, si chères à Démocrite, de manière plus compacte.

The Alchemist. Joseph Wright of Derby
The Alchemist. Joseph Wright of Derby

Ainsi, si les avancées scientifiques et techniques persistent, peut-être sera-t-il possible que l’attrait du luxe et de la joaillerie moderne devienne un jour assez important pour compenser ces coûts de production du diamant synthétique et de l’or alchimiste, et mettre ainsi en œuvre la pierre philosophale moderne.

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