4-Espace, Poésie

Les cloisons réversibles


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Indolores, immobiles.

Les cloisons réversibles s’imposent, versatiles, à demeure

sous une pluine courbe.

 

(Première révolution)

5

 

L’une pivote face à sa jumelle,

laquelle tourne le dos au couloir où un mur

en impose par son humeur défiante au reste de la parcelle

vide d’un dieu de faïence.

Elles s’élancent.

 

Indolores, immobiles.

Les cloisons réversibles, alors qu’elles s’étendent, franchissent

un pallier. Niveau en contrebas ; c’est la chute.

 

(Deuxième révolution)

4

 

Nous ne pourrions mourir le long de ces cloisons décédées,

elles retiennent l’espace en leur largeur.

Puis l’aspiration les rend en un bloc monocorde :

Diptyque en déshérence lacéré de traits grenat.

 

Indolores, immobiles.

Les cloisons réversibles s’étiolent de part en part,

perdant leur couleur,

sous les regards hâbleurs qui écoutent aux portes.

 

(Troisième révolution)

 

Mortes, décharnées sur les sols en hauteur,

les cloisons explosent et frappent les espaces successifs

qui se glissent sur les récifs des vides oblongs.

 

Indolores, immobiles.

Les cloisons réversibles s’éparpillent sans allonge

au souffle de la matte silencieuse.

 

7

 

 

Texte: Pierre-William Fregonese
Illustrations: Pauline Brami

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